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Ateliers d'écriture de mai à août 2025

Hélène

 

Sentir
Du bout des doigts
Partir
Vers quoi que ce soit
Pourquoi pas
Courir 
Pour une joie
Qui s'envolera
Chérir 
Pendant des mois
Me lover dans tes bras
Sentir
Et rire.

_______________________________

Vite, Barbara tourne la clé de la porte de côté de la médiathèque. Dans 15 minutes, ouverture au public.

Ses collègues arrivent, les uns après les autres.

Elle descend au niveau-1, là est sa destination pour la matinée, son planning l'a bien confirmé. 

Les lumières allumées, son œil est attiré par une ombre au sol, là-bas, dans le fond à gauche.

Elle pose son sac, allume l'ordinateur, lève les yeux qui, instinctivement, se dirigent, là- bas, au fond à gauche. 

Son cœur bat la chamade en s'en approchant car, oh, horreur, une flaque de sang, dégoulinant de toute cette étagère, là. 

Branle-bas de combat, ne pas rester pétrifiée, ne toucher à rien, prévenir... 

En fin de matinée, Paul Pernod, l'enquêteur est là.

Barbara le connaît, dans sa vie privée, c'est Paul, celui qu'on dit fin limier, malgré son âge peu avancé. Et artiste en plus, dans l'art de dénouer les énigmes, Mais aussi artiste peintre, à ses heures perdues. 

Il découvre là, alors que le public est accueilli et cantonné au rez-de-chaussée, un bien triste tableau, pas beau, pas joli joli. La flaque n'a pas complètement séché, et sur les étagères, qu'elle misère, un chantier sans nom, tous les livres sont lacérés... Mais, où est le corps ? 

L'après-midi même, dans l'igloo, Paul Pernod y interroge, après identification de quelques suspects :

D'abord Hector, bien connu ici, à l'allure farfelue et l'œil à l'affût, derrière ses petites lunettes rondes... Son vélo était garé là quand Barbara est arrivée ce matin. 

Puis ce fut le tour à Justin, le bégayeur, fouineur, poseur de questions sans fin, voulant tout savoir, dans cet ici qui lui est si familier, lui qui a tout son temps. 

Enfin, Ginette, la dernière interrogée, est aussi une habituée. Malgré ses 70ans, elle a l'air un peu enfant, coquette, bricoleuse, écrivaine hypersensible, un peu trop agitée du cervelet, elle se gratte toujours la tête, pour apaiser ses pensées et son psoriasis, depuis si longtemps implanté. 

Les résultats des prélèvements ne révèlent pas la présence de sang, pas plus que de la peinture, non, non. C'est de l'encre rouge. 

Ginette, très agitée pendant l'interrogatoire, se trahit en parlant du rayon Polars, tout en se grattant le crâne qui révèle des traces rouges sur ses cheveux poivre et sel. 

La meurtrière avoue. Elle en rêvait, elle l'a fait, de trucider ces livres. Pas tous, seulement tout le rayon des polars. Les polars lui sont trop angoissants, trop révélateurs de la vie, en vrai, des faits divers qui lui font peur. Trop peur de la mort, par le biais de l'actualité qui en est si chargée. 

Les plombs, elle les a pétés.

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Onomatopées : 

Dring... 
Ding, dung, dong... 
C'est l'heure !! 
Il est temps ! 
Allons-y ! 
Tut, tut, tut... 
Faut y aller !!! 
Bouuuh... 
Retarder le départ, 
Partir plus tard, 
Plic, plac, ploc... 
Et en plus il pleut ! 
Houiinnn... 
C'est la dernière fois, 
L'an prochain, on reste là ! 
Ah ! 
Oh !!! 
C'est bien ici ! 
C'est beau ici ! 
Hi, hi, hi !!! 
Déjà tant voyagé 
Broum, broum, broum.... 
Déjà tant véloté, 
Pouet, Pouet, Pouet... 
On va se reposer, 
Ron Pchittt....

 

 

Maïlys

 

Tête la première, elle se jette dans le flot de gens. Les odeurs sont nombreuses et entêtantes, elles l’assaillent un peu, si tôt le matin. Mais bien vite, elle se laisse envelopper par ces parfums rassurants. Cela faisait longtemps… Ici, tout se mélange : la mie chaude du pain croustillant côtoie le rouge vif des fraises odorantes et le crépitement du poulet rôti. Elle se faufile entre les stands, passant d’un pays à un autre, goûtant ici un falafel, là un morceau de comté. Elle veut prendre un peu son temps, mais l’impatience la pousse à accélérer, presque malgré elle, lui fait pousser des ailes. Sa destination n’est plus très loin. Elle l’aperçoit déjà, là-bas. Lui, est tourné vers ses clients et ne l’a pas encore vue. Alors elle s’approche, tout doucement. Ce stand rassemble ses arômes favoris : la menthe, le thym, le romarin… L’odeur de la cuisine de sa grand-mère, des nuits d’été dans le jardin, des nuits d’hiver autour de tasses fumantes… Mais de tous les parfums de ce stand, de ce marché, son préféré est là, tout près. Enfin elle enfouit son nez dedans : celui de l’homme qu’elle aime. 

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