Atelier d'écriture du 8 novembre 2025
Cet atelier d'écriture s'est inscrit dans le cadre du festival des Boréales. A travers l'écriture, nous avons donc eu l'occasion de voyager un peu dans les pays baltes...
Geoffroy
Je suis un vieux loup noir au pelage dru.
J'ai été chassé de la meute, comme il est de coutume dans mon peuple, par un jeune loup aux crocs rayant le parquet.
Je n'ai pas combattu.
Je savais que le temps était venu pour moi de quitter les miens.
J'ai accepté mon sort.
D'une certaine manière j'étais libéré des miens, je pouvais aller aussi loin mes pattes me portaient, sans responsabilité ni contrainte.
Au cours de ma vie, un mot désignant l'inconnu revenait au sein de ma forêt natale : la mer. Nul ne savait vraiment ce que c'était mais ce mot revenait parfois dans le bec d'un hibou ou le museau d'une hermine.
J'avais décidé d'aller voir.
Je cherchais la mer, étrangement, je ressentais son appel et mon voyage m'amenait vers elle.
J'ai parcouru de vastes distances me déplaçant la nuit pour éviter l'homme. J'ai traversé des étendues de basses collines, longé les faubourgs de Talin jusqu'à arriver devant une montagne blonde que j'ai eu toute la peine du monde à gravir. Mes pattes s'enfonçaient comme dans de la boue, mais c'était sec, parfois je glissais, mais je l'ai grimpée cette montagne et derrière... La mer.
Une étendue bleue sans limite qui m'a offert la paix et la quiétude au premier regard.
Je décidais d'aller au pied de la montagne blonde, qui glissait comme de l'eau, vers la frontière bleue de la mer.
Il y avait une humaine aux longs cheveux noirs portés en trois tresses. Elle contemplait, assise et immobile, l'horizon.
Je ne sais pas trop pourquoi, moi, le vieux loup noir chassé par les siens, je suis allé vers elle, en confiance.
Je me suis assis à ses côtés contemplant également l'horizon.
Je savais que c'était ma place, que cette étrangère était ma nouvelle famille.
Elle passa sa main dans mon encolure.
J'avais trouvé la mer et un autre secret encore plus profond.
Jean-Lou
« Temps froid en pays baltes »
Il était une fois une habitante de Tallinn qui était en vacances à Klaipėda et puis elle décida de prendre l’avion pour visiter L’Isthme de Courlande puis elle grimpa sur Parnidis la dernière dune mouvante de L’Isthme pour profiter de la vue sur la lagune et la mer et le Sahara de Lituanie. Pendant ce temps une habitante de Vilnius sortait de sa maison et prit aussi l’avion pour la retrouver sur la Dune de L’Isthme et décidait de faire le tour des pays Baltes en partant de Tallinn jusqu’à Vilnius. Quand elle arrive à Riga elle s’arrête dans un Bar et en entrant dans le Café elle découvre qui avait une grande boule à facettes avec dessus dessiné en grand une gravure de Dracula car c’était leur idole à tous les 2. Elle prenait leur café et elle décidait de sortir dans le froid glacial pour continuer la route jusqu’à Tallinn. Puis en arrivant à la frontière de L’Estonie, c’était la Révolution Russe qui s’était emparée de l’Estonie. Du coup les deux femmes font demi-tour et reprenait leur voyage jusqu’à la frontière avec la Lituanie en suivant le cours de la mer Baltique en regardant les paysages irisés et la nature de ces pays baltes ainsi que les aurores boréales. Quand soudain un inconnu déclencha un éclair qui sépara le groupe en 2 et nos deux héroïnes se séparèrent pour partir en direction des nouveaux paysages de ces Pays Baltes.
Anne-Marie
« Voyage organisé »
Lassée de la monotonie de sa vie elle avait décidé de s’offrir un voyage. Organisé si possible. Ça allait mettre un peu de pep dans sa vie.
Les pays baltes pourquoi pas ! Lituanie, Estonie, Lettonie. Elle avait fait des recherches sur Internet et le classement au patrimoine de l’UNESCO l’encourageait. En même temps elle restait méfiante. C’était aussi la tarte à la crème pour booster le tourisme un peu en berne ces dernières années. Le tourisme de masse bien sûr.
Elle était aussi dubitative concernant son choix. En effet la proximité de la Russie, et ses rapports géopolitiques avec ces états l’inquiétait un peu. Cette présence conquérante et belliqueuse ne la rassurait pas. Car l’engagement de Poutine pour le retour de la grande Russie impériale et son hégémonie dans le monde l’alarmait. Inquiétude partagée mondialement.
Qu’à cela ne tienne se dit-elle je pars quand même ! Déterminée comme à son habitude elle jurait que ce soir elle aurait les billets en poche. Quinze jours plus tard elle était dans l’avion.
A l’arrivée des voyageurs Anne Lise l’accompagnatrice francophone leur soumit le programme : visites des capitales et ses trésors, randonnées en pleine nature, forêts, lagunes.
D’ailleurs, dès le lendemain une visite de Parnidis était prévue. La brochure indiquait « dernière dune de l’Isthme de Courlande pour profiter d’une vue imprenable sur la lagune, la mer et le Sahara lituanien ».
Le lendemain, levés à l’aube le groupe se vêtit pour affronter le froid polaire : package de vêtements qui faisaient partie de la formule « all inclusive ». On avait fait une bonne affaire !
Ce que ne nous avait pas dit notre guide (qui ne s’appelait pas Nathalie) c’est que la petite balade durait une demi-journée, exposés au blizzard glacial qui venait de se lever. On lisait sur les visages un peu de déception et une certaine appréhension. Comment ces corps habitués à la chaleur et au confort allaient-ils réagir ?
Le petit couple de personnes âgées s’avançait courageusement dans ce paradis blanc. Au bout d’une heure d’escalade ils étaient proche de l’hypothermie. La petite famille moyenne le père, la mère et les petits princes serraient les dents pour ne pas exprimer leur souffrance. Et faire bonne figure sur ce selfie envoyé aux milliers d’amis de leur réseau social. Elle se souvenait du film « les randonneurs » ou ces derniers faisaient le tour de l’île de beauté. Les difficultés des chemins escarpés devaient les révéler à eux-mêmes. Elle ce qu’elle voulait c’est qu’on lui révèle quand ce calvaire allait s’arrêter. Elle était proche de l’évanouissement et pensait qu’elle n’en sortirait pas vivante. Notre guide voyant notre malaise distribuait des couvertures de survie. Elle ouvrit largement les bras et théâtrale nous déclamât avec emphase « Parnidis ».
On sentait une pointe de sadisme dans son comportement.
L’an passé elle avait obtenu son permis de conduire des rennes, précieux sésame qu’elle avait obtenu en Laponie, à la période de la manifestation les Boréales. Le groupe était très inquiet pour la suite du voyage.
