Aller au contenu principal

Atelier d'écriture du 10 janvier 2026

Pour cet atelier, notre animatrice Anne-Lise Bottet a proposé aux participants de se balader dans le marché, ce qui a inspiré à chacun un premier texte. Nous avons ensuite fait des binômes afin de faire se rencontrer les textes.

 

Hélène et Catherine

 

« Au marché »

 

Respirer l’air bien frais

Y’a rien de trop. Pas d’excédent. On peut rouler.

Inspirer entre les hâlettes
Le café, le poisson, les poisons
Imaginer ce qu’on va cuisiner, déguster
Des légumes non aguicheurs
Des produits frais
Tout juste sortis des jardins et des fermes d’ici.
Du frais
Du vrai
Pour se régaler
La simplicité me met en appétit
Le trafiqué, l’industrialisé me font mal au cœur

Et à l’estomac

Pas de chimie
Pas de poison
Dans les stands que je choisis.

Mes petits marchands préférés

Moi : Puis-je vous demander votre prénom ?
Elle : Liliane, tout simple, comme moi
Lui : Franck -ck, c’est un cas !

2 ans de marché, depuis que j’ai une assez bonne production.
J’ai planté des pommiers il y a 25 ans, aujourd’hui j’en récolte les fruits. 
J’habite à St Cyr du Ronceray, une ancienne ferme.
J’ai des pommes à couteau, un noyer, un cerisier, un poirier.
Un petit potager, radis, carottes, haricots… Pour moi.
Le potager, il prendre ça avec satisfaction.
Né à la campagne, étant gamin, j’ai vu faire, je copie.

Respirer et penser
Penser à ce qui me fait du bien
De tout petits riens.

Gelée de coings chez la petite dame un peu renfrognée.
Neufchâtel chez la marchande de poireaux de Dampierre, si causante, si aimable et ouverte, agréable à rencontrer.
Des pommes Calville à ce petit monsieur affable, tranquille, debout devant son étal, ravi du temps qu’il fait et d’être là.

Pantalon de velours côtelé, gilet et casquette kaki assortis, lunettes.
Mains affairées dans sa boite à sous en fer.
Mains nues, il observe ses pommes, emplit un sac et pèse.
Il a gardé un gant noir la main droite.

Une dame est assise sur le banc à côté de lui, devant la médiathèque.
Moi : Vous êtes avec lui ?
Elle : Oui

Ça fait 40 ans qu’on se connait.
La fidélité c’est quelque chose d’important, la base de la vie.
On se respecte. Le courant passe ou passe pas.

Respirer l’air bien frais de l’hiver
Qui me fait jubiler
Entre neige, pluie, vent plus ou moins violent,
Soleil levant si rougeoyant.
Bien couvert

Elle a froid, emmitouflée dans un châle protégeant tête, oreilles, nuque, cou.
Un homme bougon, à casquette, mains dans les poches, en conversation, éclate de rire.
Il vend des œufs.
Il se mouche.
Elle, dans son sac compte les billets, bouche ouverte, elle compte avec ses lèvres.

Pas besoin de supermarché
Ni d’hyper
Juste ce formidable marché
Ou je marche dans mes pas préférés
Ou je croise quelque douce amitié
Là où le temps n’est plus compté.

Je me perds
Dans cet univers
Et m’y retrouve dans mon intérieur apaisé
Moi qui ai la chance d’avoir un toit douillet
Pour aller m’y réchauffer.

Respirer
Être ravigoté
Pour que ma mélancolie 
Ne gagne pas la partie.

C’est un beau jour
Un jour de marché
Un jour de soleil
Un jour ouvert
Un jour à vivre

 

 

Jean-Lou

 

« Au Tour du Marché »

 

Un samedi Froid du mois de Janvier il y a Marcello le traiteur libanais qui fait son marché et il s’arrête au camion frigorifié de la cabane qui vend des produits des montagnes des Alpes.

V> Bonjour,
M> Je voudrais acheter 1 kilo d’aligot vous en avez ?
V> Oui ça fera 10€
M> Ok j’en pendrai
V> Je vous mets d’autres choses
M> Non ce sera Tout
V> Ok merci au Revoir
M> Au revoir

Et Marcello continue son tour du marchée jusqu’à ce qu’il voie au loin le stand de son ami Olivier le Maraicher qui vendait des Salades.

Marcello ne s’arrêta pas chez Olivier car c’était un jour de tempête hivernale et il faisait froid comme un froid de canard donc il continua sa route jusqu’au stand de Marielle la pizzaïolo.

En arrivant devant le stand de Sofia, Marcello décida d’acheter une pizza calzone qui venait juste de sortir de son four à Pizza électrique car elle était chaude.

Et en plus loin de chez Sofia il croisa Patrick son ami qu’il n’avait pas vu depuis 1 mois. Il se souhaite la bonne année et il se dépêcha car il avait sa femme qui attendait à la maison pour cuisiner un bon risotto.

Enfin il arriva chez Lionnel le primeur qui vendait des dernières pommes de la saison car elles étaient rouges.

Puis Marcello continua de regagner son stand de Nourriture libanaise et c’était Aya qui attendait pour continuer de vendre ses produits à leur client.

Quand vient le moment voulu Aya et Marcello rangera leur vitrine frigorifiée et partait pour de nouvelles aventures au marché de Caen.

 

 

Jean-Lou et Sarah

 

« Pizzapino »

 

Un pizzaïolo arpente les différentes allées du marché et propose à chacun des autres commerçants sa savoureuse pâte à pizza, qu’il prépare avec soin et qu’il garnit avec beaucoup d’ingrédients, dont l’amour en principal élément. Imaginez une sauce tomate rouge passion pour constituer la base, quelques rondelles de tomates fraîches achetées chez son voisin primeur, des olives subtilement assaisonnées, de fines tranches de chorizo doux, des lamelles de mozzarella crémeuse, le tout disposé sur une solide planche qui sera enfournée pour une cuisson au feu de bois. Je me régale à l’idée de déguster cette pizza épicée que mes papilles vont embrasser.

 

 

Anne-Marie

 

« Mini aventure au marché »

 

Ressortir de la médiathèque ? Il fait un peu froid mais je vais braver les intempéries en déambulant à pas rapides afin d’accéder au marché hebdomadaire. Ce marché je l’apprécie depuis mon retour aux sources. Symbole de notre identité rurale il représente avantageusement notre région.

Je croise quelques connaissances mais ne m’attarde pas. « Bonne année, tous mes vœux » c’est le minimum en cette période. Mon cahier et mon stylo à la main j’adopte le look reporter... C’est parti !

Une copine drague au vu et au su de tous, même de son mari. Je lui en fait la remarque. Elle me répond qu’il sait que cela n’ira pas loin et continue son méfait, sans vergogne. Je la menace de la dénoncer dans mes écrits. Ça sent la friture à plein nez, j’apprécie moyennement.

En avant il est 10h30 et la place se remplit. La foule conquérante slalome entre les déambulateurs et les charrettes de mémés. Mission importante : il faut remplir les paniers et ensuite les estomacs. Sadia charmante vendeuse de l’étal marocain s’agite comme un roseau dans la tourmente. Ses produits pètent de couleur et de fraîcheur. En prime le sourire et la bonne humeur de la potagère. A ses cotés l’éventaire des produits orientaux bat son plein. L’orient est à nos portes n’en déplaise à certains.

Quelques illuminations persistent nous rappelant que la magie de noël est encore un peu là. Deux mareyeurs tentent de vendre des huîtres apparemment sans grands succès. Les acheteurs sont sûrement rassasiés des agapes récentes. En passant devant le Moka j’espère ne pas rencontrer les copines. Sinon je suis foutue, l’écriture de mon texte en pâtira. Demi-tour le temps imparti pour le reportage est écoulé. « Fouillez, regardez, essayez Mesdames ». C’est sur ces propositions que je me dirige à nouveau à l’intérieur de la médiathèque. Je croise Aurélie qui baille à s’en décocher la mâchoire. Je lui souhaite bonne nuit.

 

 

Maïlys

 

« Vous désirez ? »

« Un pot de miel, s’il vous plait. »

C’était la 4e semaine consécutive qu’il venait acheter un pot de miel au stand de l’apicultrice. « Au bout d’un moment, elle va s’en rendre compte et me faire une petite blague. Nous pourrons rire et ce sera le début de quelque chose ! »

C’était sa stratégie. Lui qui avait toujours détesté le miel, et encore plus les abeilles (sa phobie terrible s’était déclarée le jour de ses 4 ans, quand une de ces petites malines l’avait piqué au beau milieu de la joue), s’était amouraché, entre toutes les personnes, d’une apicultrice. La belle affaire ! Il était piégé, désormais condamné à empiler chez lui des pots de cette denrée haïe… Jusqu’à ce que la belle lui montre un intérêt.

Ce qu’il ne savait pas, c’est que l’apicultrice, de son côté, se souvenait bien de lui. Elle avait tout de suite reconnu, sous ses traits d’homme, le petit garçon de 4 ans, son ami d’alors, piqué un jour par une abeille…

 

 

Anne-Marie et Maïlys

 

« Un pot de miel s’il vous plait. »

Habitué depuis des semaines à fréquenter cet étal, le jeune homme s’imprègne du marché et de son ambiance.

Le stand des pâtisseries orientales bat son plein, avec l’étal de Sadia, l’Orient est à nos portes, n’en déplaise à certains. La foule, d’une allure conquérante, conduit déambulateurs et charrettes de mémé. Ça ne rigole pas, il faut remplir les paniers et ensuite les estomacs.

Mais le jeune homme, dans la file d’attente, poursuit son obsession : l’apicultrice ne lui est pas indifférente. C’est pour cela que toutes les semaines il achète un pot de miel, malgré sa réticence envers les petites malines volantes (piqué dans son enfance, il en garde un souvenir cuisant).

Ce qu’il ne sait pas, c’est que la vendeuse l’a reconnu… Sous ses traits d’homme, elle revoit le petit garçon qui était son ami à l’époque. Ce qu’elle ne sait pas, c’est que chaque semaine il vient faire ses achats auprès d’elle, condamné à empiler chez lui des pots de cette denrée haïe, jusqu’à ce que la belle lui montre un intérêt. Et ce jour est venu.

« Bonjour monsieur, un pot de miel comme toutes les semaines ? »

« Oh oui j’en fait une très grande consommation ! Pourtant, après une piqûre douloureuse dans mon enfance, j’aurais pu me détourner du produit… »

« En effet, je m’en souviens, j’étais présente lors de l’incident. C’était le jour de votre anniversaire. Vous étiez âgé de 4 ans et j’avais répondu à votre invitation. »

Le jeune homme a un flash, il la reconnaît enfin, et ils sentent le début d’une belle histoire d’amour…

Publié en